Marine Le Pen comme nous ne la connaissions pas. Presse-Française- Mai 2021
Dans un Bulldozer Marine Le Pen apparaît comme une prétendante de plus en plus crédible à l’Élysée ? La route migratoire vers la France risque d’être détériorer. «Bulldozer sur une bonne route c’est pas bon du tout».
*- (Presse Française)
Tolérante, républicaine, économiquement de droite ? Les changements de cap de Marine Le Pen, qui s’accompagnent d’une image plus douce de la politicienne, font débat dans la presse étrangère.
Elle habite avec six chats du Bengale, a suivi la formation nécessaire pour faire de l’élevage, elle se confie aussi sur les difficultés rencontrées en élevant ses trois enfants… “Cette histoire sympathique, ornée de quelques photos de chats a fait le tour de plusieurs magazines people, Gala entre autres, et décrit une femme chaleureuse qui n’a pas que la politique en tête.” Sauf que, écrit la Saarbrücker Zeitung, il s’agissait là de Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, principale force de l’extrême droite française.
Avec cet entretien filmé au mois de mars, Marine Le Pen a réalisé “un petit coup de com”, observe le quotidien du Sud-Ouest allemand. Car les images détonnent de celles qu’associent spontanément une grande partie des Français avec la patronne du parti : “Dure, acharnée, impitoyable.”
Avec une petite aide des chatons
C’est donc avec l’aide des chatons, explique le journal, que Marine Le Pen espère approcher l’objectif de toujours : l’Élysée. Et si pendant des années elle comptait pour cela ajouter aux voix des fidèles
Mon parti n’est pas la caricature que vous dressez toujours. Le Rassemblement national a été présenté sous un mauvais jour, on a polémiqué contre mon parti. Nous sommes pourtant un parti du centre.”
C’est ce qu’a affirmé Marine Le Pen lors d’un grand entretien que Die Zeit a publié le 5 mai. L’hebdomadaire allemand consacre deux pages à la “seule concurrente d’Emmanuel Macron”, une candidate de plus en plus populaire dans son pays. Les principaux sujets abordés : le changement climatique et “l’écologie punitive” et la laïcité, notamment la question du foulard, “une violation de l’ordre public”, selon Marine Le Pen-
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Une victoire de Marine Le Pen en 2022 “n’est plus invraisemblable”
Marine Le Pen apparaît comme une prétendante de plus en plus crédible à l’Élysée. Si les sondages l’annoncent perdante face au président sortant, sa présence au second tour ne fait guère de doute. Pour la presse internationale, la fin de mandat de Macron pourrait lui permettre de rattraper son retard. « C’est une idée qui fait de plus en plus consensus dans le monde politique : en cas de face-à-face avec le président sortant comme en 2017, la victoire de l’extrême droite n’est plus invraisemblable » résume le quotidien britannique The Times. Citant les derniers sondages, de nombreux titres suggèrent que le second tour du scrutin de 2022 aura des airs de “déjà-vu” : comme en 2017, une opposition entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen se profile, aucun autre parti traditionnel n’ayant réussi à faire émerger un potentiel vainqueur. Ce duel pourrait d’ailleurs être beaucoup plus serré que le précédent.
*- (Presse Française)
Peiné, agacé et attristé, de voir la côte d’ivoire d’Houphouët en lambeau. (Du Leader de la Légitimité Citoyenne).
Lepetitfils : La côte d’ivoire coule à petit Feu. «L’unilatéralisme dans l’ordre du public, non-respect des différences quelles qu’elles soient, mépris des droits, dédain des libertés, foulage des règles, l’intolérance systémique au sommet de l’état, l’animosité a pris son siège au cœur des rapports Humains, le noble art qu’est la politique est devenu Barbarie, la gestion publique de la totalité sociale judiciarisée, le «Dieu» Argent a injecté l’homme au centre de la politique développemental, le progrès social sélectif est réduit à l’enrichissement illicite de quelques-uns, l’égocentrisme hautaine est devenu de marque, etc.
*- La côte d’ivoire post-Houphouët, un état VOYOU ?
Bon ! Puisqu’on veut qu’on en parle : Supposé victime d’une guerre «conflit national», on ne peut pas vouloir être dédommagé d’un préjudice de guerre a deux (2) belligérants et vouloir en même temps que, le camp innocenté par la justice internationale au terme d’une décision judiciaire arrachant, qui a pris en compte tous les paramètres de droits «élément déclencheur, objectif du quel est né la belligérance, les acteurs et auteurs identifiés dans leurs champ d’action, leurs intentions et prétentions, les intérêts en jeu à défendre etc.», soit l’auteur unique de son préjudice de guerre. Non ! Dans ce cas le dédommagement n’est plus mérité, quand on s’accroche à l’innocenté judiciaire international. Donc, nous ne savons pas ce qu’on recherche, en se disant victimes de guerres et en voulant être obligatoirement juge d‘un notre citoyen libre, blanchit par une décision judiciaire internationale, par la justice internationale, saisie par une partie à la belligérance de guerre, au terme de la crise gouvernée par elle.
La prétention a un dédommagement oblige d’avoir une lecture claire des faits de guerre, de sortes que cette lecture puisse être un support de droit, même en l’absence de justice judiciaire internationale ou nationale. Mais il faut noter que cette lecture claire ou pas, cela n’entrave en rien, et en aucun cas les droits acquis des victimes de guerres aux dédommagements. Puisque son support de droit qu’est le principes de la responsabilité civile étatique pour ordre, et sur ordres du supérieur, est de s’assurer que la responsabilité pénale des personnes dirigeants étatiques, tout au long de la chaîne de commandement, ayant directement ou indirectement contribué à la violation des règles du droit international, est suffisamment engagée, pour parler de dommage a réparer. « Il faut noter entre guillemet que les deux parties de la guerre ivoirienne ont acquis le statuts de belligérant à Linas Marcoussis».
Donc, au terme de cette crise « guerre-interne» conflit national, c’est du statut de belligérance acquit à Linas Marcoussis, que découle la responsabilité civile de l’état «de côte d’ivoire» pour les préjudices subi par des tiers pendant la crise dans l’ensemble, «carence de l’état en matière de prévention de risques de conflit». Et ces victimes doivent être dédommagées à toutes les échelles « économiques, sociales, et même morale » pour les dégâts causés par l’antagonisme des deux (2) belligérances ressortissants de l’Accord de Linas Marcoussis. Donc en l’espèce pour permettre aux victimes d’obtenir réparation il y a au moins deux voies de droits distincts : 1- La voie administrative : qui équivaut à obtenir réparation auprès de l’Etat en faisant appel à des institutions légales ou des lois légiférant en la matière, 2- La voie judiciaire : qui consiste à obtenir réparation par recours aux tribunaux « ou justice traditionnelle ». Ce qui nécessite un substrat légal impartial. Donc une structure d’identification des victimes et de dédommagement «commission ou autres» qui doit impérativement pouvoir s’appuyer sur les décisions judiciaires internationales ou tout autre moyen légal, pour établir les réalités des faits et situer les responsabilités sans parti-pris en toute indépendance impartiale. Donc toute demande de dédommagement de victimes dédouanée des décisions judiciaires, qui s’articule autour, et a un innocenté judiciaire, par la juridiction saisie, est nul et nul effet.
Puisqu’en la matière, pour que, la responsabilité de l’état soient formellement engagée, il faut l’identification des actes réels et des auteurs réels, légalement reconnus ou identifiés, auteurs des carences ou des insuffisances des actions qui entre en conflit, avec des droits réels détenus par des tiers, ainsi en droit même la simple carence de l’état en matière de prévention des risques de conflit, entraîne la responsabilité civile étatique vis-à-vis de ces ressortissant. Ce principe de droit irréfragable, de la responsabilité du supérieur hiérarchique, tire son origine de la responsabilité pénale individuelle «chef hiérarchique», tel qu’appliqué par les juridictions de Nuremberg et de Tokyo et ultérieurement codifié par le statut du tribunal Pénal International pour le Rwanda à l’article 6, il est irréfragable en la matière aux yeux du droit international pénal.
Ce qui fait qu’en droit qu’un innocenté judiciaire ne peut pas être un support de droit, pour le dédommagement des préjudices allégués par des tiers aux mépris de la décision judiciaire de la juridiction internationale saisie et en dépit de sa décision contradictoire rendue. Puisque dans une guerre il y a deux (2) camps, quand on veut voir réaliser la réparation des préjudices subis par des victimes, on ne s’attaque pas au camp innocenté par la justice internationale, au risque de voir sa demande rejeté de droit, comme nul et de nul effet. La justice internationale a indiqué le bon sens et la bonne voie a empruntée, par les Vraies Victimes de la crise ivoirienne. 1- La voie administrative : qui équivaut à obtenir réparation auprès de l’Etat en faisant appel à des institutions légales ou des lois légiférant en la matière 2- La voie judiciaire : qui consiste à obtenir réparation par recours aux tribunaux civils «ou justice traditionnelle civils».
Donc des personnes biens pensantes ne peuvent pas demander à un état « si lui-même état sérieux » d’interdire à un de ses ressortissants d’avoir accès à son pays, au mépris de son devoir régalien de protection de ses ressortissants qui permet d’asseoir sa souveraineté internationale. Ce qu’on vit en côte d’ivoire ces temps-ci, c’est le monde en l’envers, puisqu’un état sérieux n’extrade pas ses ressortissants, a plus forte raison le refuser l’accès a son pays de nationalité. Par conséquent il convient de s’interroger si, la côte d’ivoire, post-Houphouët Boigny, ne s’avère-t-il pas être un état VOYOU, en autorisant des manifestations contre la venue d’un citoyen ivoirien dans son pays ? Hélas ! Le bon sens plaide pour le Oui, état VOYOU ! Au vu des faits autorisé par l’état ivoirien.
Oui, il faut le ré-souligner ici, nous sommes peinés, agacés, sinon attristés, de voir et d’entendre la côte d’ivoire, cette terre de rencontre harmonieuse des peuples Africains et de par le Monde, cette expérience de consensus politique, de dialogue national a toutes épreuves et de paix sociale à l’Africaine. Cette culture de non-violence, d’harmonie communautaire et d’union nationale à toute épreuve. Cette expérience de l’exaltation de la diversité solidaire et cette civilisation Africaine atavique, d’acceptation réciproque des différences sociopolitiques et d’entraide dans l’union cohérente de tous. Cette politique sociale assise sur la reconnaissance de l’autre dans son originalité absolue à l’intérieur de l’égalité de tous. C’est à dire reconnaitre l’autre comme différent et l’admettre comme son égal en droit et devoir Initié par FELIX HOUPHOUET BOIGNY, de voir aujourd’hui, la côte d’ivoire de FÉLIX HOUPHOUET BOIGNY, devenir le lieu de toutes les crises sociopolitiques d’Animosités, et le lieu de toutes les politiques chaotiques, de toutes les crises sociales d’animosité de la planète.
Pour irréversiblement arriver demain à la damnation de la pauvre côte d’ivoire, destinée à la dégénérescence sociale à petit feu. Avec des ivoiriens anxieux, désespérés, sous la houlette de la politique d’un pouvoir, qui fait que chaque portion de la société ivoirienne composite se sent attaqué dans son assisse juridique, dans son substrat sociale, dans ses droits civils et politiques, dans ses libertés fondamentales, dans ses droits inaliénables d’être humain. Oui, le tout, dans une côte d’ivoire devenue le lieu privilégié de tous les chaos socio-économico-politique, et le résultat est terrifiant: l’Humanisme a pris congé de son terreau vertige d’autre fois, et l’égocentrisme aidant, on veut souvent une chose et son contraire en même temps, ou pour un bonjour, ce sont les crises sociopolitiques, aux conséquences graves et dramatiques. Puisque chacun est fouetté dans son instinct de survie sociopolitique et même physique, par une politique de désespérance. Qui miroite la catastrophe qui n’est plus loin dans les esprits, dans une société prédatrice devenue de jungle. Ou l’autre n’est plus un frère ou même un ami, mais un ennemi à abattre. Oui, ou la côte d’ivoire va d’Aujourd’hui, avec tous ses faits sociopolitiques d’Animosités ? Certainement dans l’abime, la voie est toute tracée.
Mais, peut-être que nous n’avons encore réellement conscience, mais la situation sociopolitique ivoirienne a dépassée, le niveau de l’inquiétant pour atteindre le niveau de l’Alarment. Son état a dépassé la dénaturation pour atteindre la dégénérescence de la désocialisation. Le Navire ivoire tangue sur son substrat légal, vacille du haut de son piédestal, oscille sur ses base souveraine, la côte d’ivoire roule vers l’Abime, la côte d’ivoire coule à petit Feu. «L’unilatéralisme dans l’ordre du public, non-respect des différences quelles qu’elles soient, mépris des droits, dédain des libertés, foulage des règles, l’intolérance systémique au sommet de l’état, l’animosité a pris son siège au cœur des rapports Humains, le noble art qu’est la politique est devenu Barbarie, la gestion publique de la totalité sociale judiciarisée, le «Dieu» Argent a injecté l’homme au centre de la politique développemental, le progrès social sélectif est réduit à l’enrichissement illicite de quelques-uns, l’égocentrisme hautaine est devenu de marque, etc. Toutes les germes des crises sociopolitiques y sont réunies…» Bon ! Il est de notoriété mondiale, qu’un peuple qui se noie, n’a généralement pas conscience du danger avant la phase terminale. Que la nature protège la côte d’ivoire de Félix Houphouët Boigny, Nation une et indivisible, qui se doit de garantir droit, liberté, justice juridique et justice sociale pour tous.
De Lepetitfils Da Candy Leader de la Légitimité Citoyenne. (Peiné, agacé et attristé, de voir la côte d’ivoire de Félix Houphouet Boigny en lambeau).
*- Pour tout autres et pour ample infos voir dessous sur : www.dacandylepetitfils.over-blog.com
Israël – Palestine : de quoi la situation présente est-elle le nom ? (Tribune 17 mai 2021 Par Didier Billion)
Didier Billion est directeur adjoint de l’IRIS. Docteur en Science politique et certifié d’Histoire et Géographie, Didier Billion est spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient.
(DE : IRIS)
Une fois de plus, la Palestine revient au-devant de l’actualité de la plus dramatique des façons avec son cortège de violence et de désolation. Rien ne serait pourtant plus erroné de considérer que cette nouvelle séquence éclate comme un coup de tonnerre dans un ciel serein et que les tirs de roquettes du Hamas sur Israël seraient responsables de la dégradation brutale de la situation. Quoiqu’il nous ait été répété de manière lancinante depuis des années, la non-résolution de la question palestinienne marque toujours de sa centralité les évolutions politiques au Moyen-Orient.
*- Ces derniers jours le prouvent amplement.
Pour comprendre, il est nécessaire de reprendre quelques fondamentaux et souligner tout d’abord qu’il n’est pas acceptable de renvoyer dos à dos les protagonistes de la crise comme s’il existait une sorte de symétrie dans les responsabilités. Non, il existe d’une part un État colonial et, d’autre part, des Territoires occupés en totale violation du droit international. Pour mémoire, il y avait environ 10 000 colons sur les terres palestiniennes en 1972, 280 000 en 1993 au moment de la signature des accords d’Oslo et 700 000 aujourd’hui, sans que la soi-disant communauté internationale n’ait beaucoup trouvé à y redire, si l’on met à part ses redondantes déclarations, parfois ses condamnations, jamais suivies du moindre effet. C’est ce que l’on peut considérer se donner bonne conscience à peu de frais et permettre aux dirigeants israéliens de jouir d’un total sentiment d’impunité. Cette colonisation qui prolifère tel un cancer mortifère est déterminante, car elle matérialise les lieux de frictions physiques entre Palestiniens et colons juifs en même temps qu’elle incarne au quotidien la situation d’occupation. En outre, les colons, tout en développant un cours de plus en plus extrémiste, acquièrent désormais dans le même mouvement une importance centrale sur l’échiquier politique israélien.
*- Extrême-droitisation de la scène politique israélienne
La scène politique israélienne connait en effet d’inquiétantes évolutions au cours des dernières années. La situation de crise s’y accroit et l’organisation de quatre élections législatives en moins de deux ans n’a aucunement permis de la juguler. Benyamin Netanyahou, en grande difficulté judiciaire et accusé de multiples affaires de corruption, a pour principale préoccupation la nécessité de se maintenir au pouvoir par tous les moyens en n’hésitant pas à jouer la carte de la radicalisation. C’est ainsi lui qui a permis que des responsables politiques juifs ouvertement racistes effectuent leur retour au sein de la Knesset, le parlement israélien, dans le but de tenter de les associer à la constitution d’un futur gouvernement. Parmi ces derniers, des hommes membres d’organisations issues de la mouvance suprémaciste juive inspirée par feu le rabbin Meir Kahane, qui en son temps, au début des années 1980, avait été banni de la Knesset. On a ainsi pu voir à de multiples reprises les appels à la violence du député Itamar Ben Gvir du parti sioniste religieux au cours des dernières semaines.
Ce sont les militants de cette nébuleuse composée de fascisants d’extrême droite et d’ultra-orthodoxes qui, par centaines, ont défilé dans les rues de Jérusalem-Est depuis la mi-avril au cri de « Mort aux Arabes » et qui y ont multiplié les ratonnades. Ce sont aussi eux qui n’hésitent pas à tenter de mettre en pratique l’expulsion physique de Palestiniens de leurs logements dans le quartier de Sheikh Jarrah pour procéder à la destruction de leurs maisons. C’est pourquoi, concomitamment au mouvement de colonisation continu en Cisjordanie et au quasi-blocus de Gaza, la situation des Palestiniens d’Israël se détériore graduellement depuis des années. On peut par exemple rappeler la loi sur « l’État-nation du peuple juif », adoptée par la Knesset en juillet 2018, qui codifie l’apartheid et institutionnalise l’inégalité des droits entre ses citoyens palestiniens et ses citoyens juifs en indiquant dans son article 1 : « Le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif ». Il s’agit aussi par cette loi de dégrader le statut de la langue arabe, de codifier « le développement des colonies juives comme une valeur nationale », d’officialiser enfin, entre autres dispositions, l’annexion de Jérusalem y compris sa partie orientale en opposition aux multiples résolutions de l’ONU sur ce sujet.
Depuis longtemps, le terme d’apartheid est utilisé par les observateurs attentifs des évolutions de la société israélienne pour caractériser la situation des Palestiniens d’Israël qui représentent 20 % de la population. Ce qui est plus nouveau, c’est que des ONG, israélienne telle B’Tselem ou internationale comme Human Rights Watch, dans son rapport publié le 27 avril 2021, utilisent désormais sans circonvolution ce terme pour qualifier la situation qui prévaut dans l’État hébreu.
La radicalisation permanente de la politique menée par l’État d’Israël, la multiplication des manifestations racistes anti-arabes, les tentatives d’expulsion constituent les ingrédients d’une crise au sein de laquelle tous les dérapages sont possibles. Ainsi les violentes interventions des forces de police israéliennes au sein même de la mosquée Al Aqsa et les violences commises contre des fidèles en train d’y prier, ou encore les lynchages organisés à l’encontre de Palestiniens sont des éléments d’une extrême gravité qui s’inscrivent dans un long et continu processus de dégradation.
*- Une Autorité palestinienne en état d’apesanteur
Pour les Palestiniens d’Israël, la tension est à son comble et n’est pas non plus exempte de violences. On l’a vu ces derniers jours dans des villes dites mixtes ou populations palestiniennes et juives se côtoient, comme à Lod, Haïfa, Jaffa, Ramla, Saint Jean-d’Acre, Beer-Sheva, la liste n’est pas limitative. Pour beaucoup des Palestiniens d’Israël, le fait d’être relégué à un statut de citoyens de seconde zone n’est plus acceptable. Une illustration récente de la régression continue de leur situation s’est manifestée par le refus des autorités israéliennes de laisser les élections législatives palestiniennes, initialement prévues le 22 mai, se tenir dans la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée après la guerre de 1967. Cette situation a poussé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à annuler ces élections palestiniennes, les premières organisées depuis quinze ans.
Cette décision de surseoir à l’organisation des élections non seulement à Jérusalem-Est, mais aussi dans l’ensemble des territoires palestiniens survient dans un contexte où cette échéance avait suscité un véritable enthousiasme chez les Palestiniens puisque 93 % d’entre eux s’étaient inscrits sur les listes électorales. Nombre des opposants à Mahmoud Abbas ont vivement critiqué cette décision arguant du fait qu’il donnait ainsi à Israël un droit de veto sur l’organisation des élections palestiniennes. Admettons à la décharge de Mahmoud Abbas que la décision était compliquée. Néanmoins, chacun comprend que le chef de l’Autorité palestinienne craignait avant tout de se voir marginalisé par le résultat probable de ces élections. Non seulement 36 listes, dont la plupart issues de la société civile, se préparaient à participer à la compétition électorale, mais aussi trois se réclamant du Fatah – le propre parti de Mahmoud Abbas – étaient en lice. Enfin, le Hamas présentait lui aussi ses candidats. Dans un contexte d’occupation, la réalité politique est brutale, l’Autorité palestinienne n’est plus que l’ombre d’elle-même, de plus en plus coupée des forces vives de la société palestinienne, notamment de sa jeunesse qui pour sa part recherche de nouvelles formes d’organisation. Le résultat, c’est l’accroissement du gouffre qui s’est désormais creusé entre l’Autorité palestinienne et la société qu’elle est censée représenter.
C’est aussi au vu de ces paramètres que l’on doit interpréter la réaction militaire du Hamas et le tir de milliers de roquettes contre Israël. Désirant prendre toute sa place dans le jeu politique palestinien, lésé par l’annulation du processus électoral, le Hamas veut réaffirmer qu’il reste l’intransigeant défenseur des droits du peuple palestinien. Certes probablement de la plus mauvaise des façons, au vu de la disproportion des capacités militaires des camps en présence. En outre, on peut légitimement douter que le modèle de société que le Hamas incarne et qu’il veut imposer convienne à la plus grande partie de la jeunesse palestinienne. Pour autant, le Hamas fait partie de l’équation politique à résoudre et ce serait une vue de l’esprit que d’imaginer trouver une solution en l’excluant d’un hypothétique et souhaitable processus politique.
*- Vers de nouvelles perspectives au sein du mouvement national palestinien
L’ensemble de ces éléments indique que nous sommes à un moment de rupture tant au sein des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza que de ceux qui vivent en Israël. Ce qui pétrifie les dirigeants israéliens, c’est la perspective de la constitution d’un front commun entre ces différents segments du peuple palestinien, car il leur est impossible de traiter une éruption de colère aux profondes racines comme ils traitent une volée de roquettes du Hamas. C’est en réalité l’avenir de la solution à deux États qui est posé et dont on peut désormais penser qu’elle est morte. L’échec du processus d’Oslo, vieux de vingt-huit ans, contraint les Palestiniens à rechercher de nouvelles voies et solutions. Exigence de la fin de l’occupation militaire dans les territoires occupés, fin du statut de citoyen de deuxième catégorie en Israël, transformations tangibles de la vie sociale, économique et politique. Comment cela est-il concrètement envisageable ? Deux États, un État, une confédération ? La forme juridique n’est peut-être plus désormais l’essentiel. Il s’agit que les Palestiniens parviennent à recomposer leur mouvement national en y intégrant toutes les composantes : les habitants des Territoires, ceux qui résident en Israël et enfin les réfugiés et la diaspora. La récente décision de la Cour pénale internationale d’instruire et de juger les crimes de guerre de l’État d’Israël constituera un point d’appui ainsi que l’ensemble des initiatives de solidarité qui existent à travers le monde.
Dernier point enfin à propos du rôle de ladite communauté internationale. Sa seule préoccupation semble être de parvenir aujourd’hui à la fin des violences en cours. Soit. Et puis… la colonisation poursuivra son cours, la situation d’apartheid s’aggravera. Seule la volonté de renouer le fil du droit international, depuis trop longtemps rompu, constitue une perspective digne de ce nom, à commencer par l’application des résolutions adoptées par l’ONU elle-même. Il n’y a rien de plus urgent aujourd’hui.
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ANALYSES-IRIS
Alors que les tensions restent vives entre le Hamas et Israël, Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) analyse, lors du 23h de franceinfo du vendredi 14 mai, cette semaine de violences.
En une semaine, le Hamas a tiré près de 1 800 roquettes en direction du sol israélien. Le dernier bilan fait état de 126 morts palestiniens, et de neuf morts côté israélien. "Il est trop tôt pour parler d’une accalmie. Au contraire, Israël va intensifier les bombardements. Les médiations internationales actuellement en cours n’ont pas encore pris sur les événements. On peut penser malheureusement qu’on n’est pas à la veille d’une trêve", explique en direct dans le 23h du vendredi 14 mai Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques).
"Un climat de haine"
Et d’ajouter : "Cet affrontement est triple. Il y a les affrontements sur Gaza, il y a maintenant des affrontements en Cisjordanie. Et aussi dans les villes israéliennes, où la cohabitation entre les arabes israéliens et les juifs israéliens se passait pourtant jusqu’ici sans heurts, malgré les divergences. Il y a désormais des affrontements qui ont fait des blessés graves, des destructions et surtout un climat de haine qui ne va pas retomber." (ANALYSES-IRIS)
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(Commentaire-Presse) – « Israël dit attendre le moment opportun pour cesser ses frappes sur la bande de Gaza et ne pas exclure de devoir venir à bout du Hamas si la dissuasion échoue, alors que les tractations diplomatiques s'intensifient pour tenter d'arracher un cessez-le-feu. Après une neuvième nuit de violences, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées mercredi sur l'enclave palestinienne, visant particulièrement les secteurs de Khan Younes et de Rafah, dans le sud à la frontière avec l'Égypte, selon un correspondant de l'AFP. » « La France a déposé à l'ONU un texte appelant à une « cessation des hostilités » et à l'ouverture d'un « accès humanitaire » vers l'enclave palestinienne, théâtre d'un nouveau conflit entre le Hamas et l'armée israélienne depuis le 10 mai. Le bilan est désormais de 239 morts, dont 217 côté palestinien ».
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