Brésil. La Cour suprême annule les condamnations de Lula pour corruption
Après avoir été condamné en 2e instance, en 2018, il avait été emprisonné 18 mois et obligé de renoncer à la présidentielle dont il était le grand favori, selon les sondages.
La majorité des juges de la Cour suprême brésilienne ont confirmé jeudi une précédente décision de la plus haute juridiction du pays confirmant l’annulation des condamnations au pénal de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva.
La Cour suprême du Brésil a pris jeudi 15 avril une décision très favorable à Luiz Inácio Lula da Silva en confirmant l’annulation des condamnations pour corruption de l’ex-président de gauche, le rendant éligible pour la présidentielle de 2022.
« Avec cette décision de la Cour suprême, Lula est candidat », a réagi immédiatement le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, laissant entendre que la population devrait s’inquiéter pour l'« avenir du Brésil » si l’icône de la gauche revenait au pouvoir.
Par une large majorité de 8 contre 3, les juges réunis en séance plénière ont confirmé la décision du juge Edson Fachin, qui avait estimé début mars que le tribunal de Curitiba (Sud) ayant condamné Lula dans deux procès n’était « pas compétent ».
Éligible à un troisième mandat
Ils ont donc également confirmé de facto que l’ex-président (2003-2010) était redevenu éligible à un troisième mandat et qu’il pourrait affronter Jair Bolsonaro au scrutin de l’an prochain.
« Si Lula revient par le vote, tout va bien. Mais imaginez quel sera l’avenir du Brésil avec le type de personnes qu’il amènera avec lui au gouvernement », a persiflé le président Bolsonaro lors de son direct hebdomadaire sur Facebook.
Lula, âgé de 75 ans, n’a pas encore confirmé officiellement qu’il serait candidat, même s’il a déclaré à plusieurs reprises qu’il se tenait prêt à revenir dans l’arène politique le moment venu.
Mais le choc des titans contre Jair Bolsonaro a déjà commencé, l’ex-président de gauche tirant à boulets rouges sur le président d’extrême droite, qu’il qualifie de « génocidaire » en raison de sa gestion chaotique de l’épidémie de coronavirus, qui a fait plus de 365 000 morts au Brésil.
« La Cour suprême a confirmé les droits (politiques) de Lula. C’est un jour historique. Ça a pris du temps, mais c’est arrivé », a tweeté dans la foulée du jugement de jeudi Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs, cofondé par Lula en 1980.
Juge « partial »
La décision de la Cour suprême n’innocente toutefois par l’ancien syndicaliste sur le fond.
Lors d’une prochaine séance, les juges devront décider s’ils ordonnent le transfert du dossier à un tribunal de Brasilia ou Sao Paulo.
Les 11 juges devraient aussi ultérieurement décider si le juge Sergio Moro, qui avait condamné Lula à la prison en 2017, était « partial » et avait agi au détriment de l’ex-président de gauche. La deuxième chambre de la Cour suprême avait déjà penché dans ce sens le 23 mars.
Lula a notamment été accusé d’avoir perçu des pots-de-vin pour favoriser des entreprises du bâtiment dans l’octroi de marchés publics, liés à la compagnie pétrolière d’État Petrobras, dans le cadre de l’enquête « Lavage express ».
Mais il a toujours clamé son innocence et crié au complot politique pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2018, finalement remportée par Jair Bolsonaro.
Libéré en 2019
Après avoir été condamné en 2e instance, en 2018, il avait été emprisonné 18 mois et obligé de renoncer à la présidentielle dont il était le grand favori, selon les sondages.
L’ancien tourneur-fraiseur, auquel M. Bolsonaro avait souhaité de « pourrir en prison », avait été finalement libéré en novembre 2019. La Cour suprême avait jugé que l’exécution d’une peine n’était possible qu’une fois que les personnes condamnées avaient épuisé tous les recours.
La même année, Lula avait été condamné à 17 ans de prison en 2e instance dans une autre affaire : il avait été accusé d’avoir bénéficié de travaux sur le site d’une propriété rurale à Atibaia, dans l’État de Sao Paulo, en échange de contrats à une entreprise du BTP.
(Source presse Française). Avril 2021
Des politiques qui admettent leurs erreurs ? Ça existe. Surtout ailleurs.
Angela Merkel demande pardon : impensable en France !
Rien n’est plus noble que la fonction politique lorsqu’elle se consacre à l’amélioration du destin d’un peuple. Rien n’est plus lamentable aussi, lorsque son but premier n’est plus celui-ci. Forcément, la fonction politique est indissociable de la personnalité qui en a la charge, qui l’incarne.
Il n’est d’ailleurs pas facile de classifier les politiciens dans un camp ou dans l’autre. Ce sont souvent les circonstances qui permettent de distinguer ceux qui sortent du lot, en matière de noblesse de comportement, ou de son contraire. Sans pour autant forcer les stéréotypes, il existe également des pays voire des cultures qui favorisent plutôt l’un, ou plutôt l’autre.
Angela Merkel et la culture anglo-saxonne
Ce mercredi, Angela Merkel a ouvertement déclaré s’être trompée dans sa décision de restrictions renforcées pour les fêtes de Pâques :
« Cette erreur était uniquement la mienne… Elle doit être reconnue comme telle et surtout corrigée »…
Summum de l’humilité, la chancelière a conclu son intervention télévisée par une phrase que nous ne sommes pas habitués à entendre chez nous en France :
« Je regrette profondément et pour cela, je demande pardon à tous les citoyens. »
Quelques semaines plutôt, Angela Merkel se reprochait de ne pas avoir su convaincre les länders d’adopter les restrictions qu’elle recommandait, en se gardant bien de leur mettre sur le dos la flambée de cas de covid-19 et de décès que l’Allemagne a connue depuis octobre 2020.
Humilité, simplicité, abnégation… ce sont des qualités qui forcent le respect. Des qualités qui sont si rares chez nous, au sommet de l’État.
« C’est un leader politique en qui je peux avoir confiance » avait dit à peu près en ces termes Barack Obama à propos d’Angela Merkel, leader qu’il qualifiera plus tard, dans ses mémoires, de « stable, honnête, intellectuellement rigoureux et instinctivement gentil » (BBC news 21/11/20).
De toute évidence, un tel comportement ne peut s’expliquer que par une conjonction de facteurs, parmi lesquels, sans préjuger de leur importance respective, le fait d’être fille de pasteur, d’avoir une formation hautement scientifique, et d’être issue de la culture protestante anglo-saxonne dont on sait combien elle implique un certain nombre de valeurs1.
Loin de généraliser et de conclure à une éventuelle supériorité de la culture anglo-saxonne et/ou protestante2, car il existe aussi de nombreux contre-exemples, on constate toutefois qu’il existe des représentants d’une pareille éthique en Angleterre.
Dans ce pays, un homme politique en situation d’échec se retire immédiatement du jeu : David Cameron démissionne dès le lendemain du référendum sur le Brexit, Theresa May (une autre fille de pasteur soit-dit en passant) abandonne face au rejet de sa politique de mise en œuvre du Brexit.
Son engagement « Je servirai comme Premier ministre aussi longtemps que vous voudrez de moi » n’était pas un vain slogan publicitaire. Comment ne pas deviner, derrière de telles réactions, une sorte de sens du devoir et de profond respect de l’électeur ?
La haute fonction publique et la culture française
Comparativement à certains de nos hommes politiques, le contraste est si flagrant qu’il est difficile de résister au plaisir de citer quelques-uns des échantillons qui nous sont offerts. L’auteur de ces lignes se limitera aux trois derniers présidents de la république et à l’avant-dernier Premier ministre. Dont acte :
« Nous n’avons pas à rougir de notre bilan. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix, par nos actions » (Est Républicain 14 juin 2020) dixit Emmanuel Macron malgré les mensonges et l’inaction gouvernementale en matière de masques et de tests, tandis que les chiffres de mortalité étaient déjà huit fois supérieurs à la moyenne mondiale.
« Je suis toujours très prudent quand je compare les chiffres » dixit Édouard Philippe lors de son audition à l’Assemblée nationale face à la question de comprendre pourquoi les Allemands avaient quatre fois moins de morts que nous et pourquoi nous ne pratiquions pas de tests alors qu’ils le faisaient à très grande échelle (PublicSenat 2 avril 2020). « Sous-estimation du risque », « pilotage défaillant de la crise », une France « mal armée » avait pourtant conclu la commission de l’Assemblée nationale huit mois plus tard (France Culture 12 décembre 2020).
Plus anciennement, François Hollande répétait à qui voulait l’entendre : « Sous mon prédécesseur, le chômage a augmenté d’un million, depuis mon arrivée, c’est 600 000 » en omettant l’une des trois catégories de chômeurs. En comparant les chiffres réels et comparables, non seulement les 600 000 étaient en deçà de la réalité mais le total était proche du double et clairement pire que les chiffres du prédécesseur en question (Figaro 12 juillet 2016).
Dernier exemple justement : Nicolas Sarkozy. L’ex-président a-t-il vraiment abandonné l’espace politique après sa nette éviction de 2012 ? Certainement pas si l’on considère ses régulières tentatives d’alliance avec Emmanuel Macron et celles de ses amis (Estrosi, Muselier et Coppé) de fausser le jeu démocratique en essayant de détruire des personnalités émergentes telles que Bruno Retailleau au sein de LR. L’ex-président considèrerait-il que l’action politique est une rente qui lui est allouée ad vitam aeternam, ceci indépendamment de l’avis des électeurs et de l’intérêt du pays ?
Telle est l’expérience qui est la nôtre, nous Français, habitués à supporter une classe politique dont de nombreux hauts représentants ne se trompent jamais, n’avouent bien évidemment jamais leurs erreurs, falsifient même parfois leur bilan pour en masquer les points faibles, et ne se retirent que très difficilement du jeu politique, quels que soient leurs résultats passés, leurs chances de se faire réélire ou leur toxicité dans le débat démocratique.
Là aussi, les causes sont multiples. À l’origine latine et catholique de notre pays s’est ajoutée une pulsion hyper centralisatrice et administrative, elle-même décuplée par une belle dose de nostalgie marxiste que distillent depuis l’après-guerre l’Éducation nationale, la plupart des partis politiques et la majorité des médias. Cerise sur le gâteau, la création de l’École Nationale d’Administration est venue parachever le tableau en officialisant la mise en place d’un système de recrutement de l’élite politique basé sur un profil technocratique tenu soigneusement éloigné des compétences exigées par ailleurs dans le monde hyper compétitif et ouvert de l’entreprise.
Cette façon dont se perpétue ce que Pierre Bourdieu nommait la « noblesse d’État » était dénoncée depuis longtemps par Michel Crozier. Celui-ci fustigeait la « sélection de l’élite politique » de l’Hexagone. Hélas, rien n’a changé depuis. L’absence d’excuses ou ne serait-ce que des aveux d’inefficacité3 de cette caste endogame n’est que le fruit de ce processus de sélection unique, à l’abri de toute concurrence et donc peu perméable à la remise en question…
(Source presse Française : Par Claude Robert). Mars 2021
75e Anniversaire du PDCI RDA : le discours du président Bédié. ( 10 Avril 2021)
Le président Bédié : Cérémonies Commémoratives du Soixante-quinzième (75ème) anniversaire du PDCI-RDA.
Chers Militantes et militants,
Chers invités,
Chers compatriotes,
Mon cœur exprime toujours des émotions particulières lorsque je vous vois, hommes et femmes, jeunes et anciens pendant les moments comme ceux que nous vivons ensemble aujourd’hui, jour de l’ouverture de la célébration des 75 Ans de notre parti, le PDCI-RDA.
Votre présence effective traduit votre Amour et Votre attachement aux valeurs de notre Parti, Parti fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.
Ce matin, avec vous tous, j’admire le chemin parcouru par nos aînés, avec à leur tête feu le Président FELIX HOUPHOUET BOIGNY.
Que de combats!
Que de privations et de sacrifices !
Que de morts hélas !
Pour la liberté et l’indépendance des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire.
Ensemble, ils ont bravé les obstacles de la colonisation et relevé les défis de l’éducation, de la santé, du développement économique social et culturel.
Nous sommes tous fiers de tous ces vaillants hommes et femmes, jeunes et vieux venus de toutes les contrées de la Côte d’Ivoire. Unis dans la diversité, solidaires pour réaliser leur rêve commun : construire la Côte d’Ivoire moderne et modèle de développement en Afrique.
En moins de Quinze (15) Ans après l’indépendance, ils ont ensemble réussi le pari de transformer la Côte d’Ivoire et de réaliser le miracle économique.
Le miracle économique ivoirien, reconnu par le monde entier, c’est bien notre peuple qui l’a réalisé sous l’impulsion du PDCI-RDA et du Président FELIX HOUPHOUET BOIGNY !
Le PDCI-RDA a construit notre cher pays sur des bases solides !
Des bases qui ont permis et qui permettent encore aujourd’hui à notre pays, de plier sans fléchir sous les crises politiques, les crises économiques et sociales depuis trois décennies.
Vous pouvez donc aussi comprendre les peines profondes que je ressens devant la grave crise que traverse notre Pays depuis plus de Vingt (20) Ans.
*Le 24 Décembre 1999, l’élan prodigieux de l’éléphant d’Afrique a été brisé par un coup d’état militaire ;
*Le 19 Septembre 2002 a fini par achever par une rébellion armée, l’œuvre funeste entamée le 24 Décembre 1999 ;
*La crise socio-politique d’Octobre 2010 a finalement fait exploser le peu d’éléments de la cohésion sociale qui nous restait ;
*Le 3eme mandat anticonstitutionnel a fini par détruire les fondements de la démocratie et de l’unité nationale.
Que de morts !
Que de morts en 1999 !
Que de morts en 2002 !
Que de morts en 2010 et 2011!
Que de morts en 2020 !
Que d’exilés politiques !
Que de populations traumatisées !
Que de jeunes gens sacrifiés !
Point n’est besoin de vous parler des problèmes que nous connaissons tous : les systèmes éducatif et sanitaire dégradés, la pauvreté, la délinquance juvénile chez nos enfants instrumentalisés (pour en faire des miliciens et microbes).
Bref ! Le tissu social déchiré, la Côte d’Ivoire défigurée.
Point n’est besoin de vous parler également des députés, des responsables de la société civile, jeunes et des femmes emprisonnées, pour avoir voulu exprimer leur refus du bâillonnement de la démocratie par un 3eme
Mandat non conforme à notre loi fondamentale.
Je veux me souvenir de mon Directeur de Cabinet, N’DRI Kouadio Narcisse, Felix N’DAKPRI, Pulchérie GBALET et
Deux cent vingt (220) de nos jeunes encore et injustement incarcérés.
Je veux leur dire que le PDCI-RDA ne les abandonnera pas.
Je m’incline à nouveau devant la mémoire de nos frères et sœurs ainsi violemment arrachés à notre affection.
Je rends aussi hommage aux blessés et à tous ceux ou toutes celles qui ont été d’une manière ou d’une autre atteints dans leur chair.
Chers Militantes et Militants,
Chers compatriotes,
Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, dont les valeurs sont, entre autres, l’humanisme, le droit, la justice et la liberté, a fait la preuve de sa résilience depuis sa création à ce jour.
Notre parti, à soixante-quinze (75) ans, doit rester l’Architecte et le Maitre d’ouvrage de la création et de la construction de la nation ivoirienne.
Comme hier, le PDCI-RDA saura aujourd’hui et demain puiser en chaque Ivoirien et en chaque ivoirienne les ressources nécessaires pour panser les plaies, amorcer la réconciliation et bâtir la Côte d’Ivoire nouvelle.
Les enjeux sont ceux du renforcement du PDCI-RDA dans ses capacités d’innovation, en vue de conduire la lutte pour la libération du peuple Ivoirien de toutes les mauvaises gouvernances.
Je m’engage aussi, avec vous, militants et militantes, à renforcer la modernisation du parti que nous avons commencée.
A cet effet, ma vision pour le PDCI-RDA s’articulera autour des points suivants :
*Remobiliser toutes les composantes du parti pour relever les grands défis qui nous attendent ;
*Impliquer et responsabiliser davantage l’important vivier de cadres compétents et de jeunes dynamiques dans toutes les instances de décisions du Parti ;
*Améliorer et renforcer la démocratie interne ;
*Mettre en place des dispositifs stratégiques et novateurs en vue d’anticiper sur les évènements et les enjeux du futur ;
*Capitaliser et valoriser les nombreuses ressources et moyens dont dispose le Parti pour assurer et pérenniser son autonomie financière.
Chers Militantes et militants,
Chers compatriotes,
Vous l’avez compris, le PDCI –RDA doit reprendre sa place de maitre d’ouvrage de la Nation.
La Côte d’Ivoire toute entière compte sur nous pour ramener la paix, la concorde, la fraternité entre nos peuples et le vrai développent économique et social.
Nous avons donc une grande responsabilité devant l’histoire et nous n’avons pas le droit de nous y dérober !
Le PDCI-RDA doit donc créer les conditions de la confiance entre le peuple, la classe politique et les partenaires au développement.
Le PDCI-RDA continuera sans relâche toutes les actions avec l’ensemble de l’opposition en vue de créer les conditions d’un climat politique apaisé, propice à la réconciliation et à la reconstruction d’un Etat de droit.
Dans cet esprit, je me réjouis avec vous et avec tous les Ivoiriens, de l’acquittement définitif du Président Laurent GBAGBO et du Ministre Charles BLE GOUDE.
Je souhaite que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour favoriser leur retour en Côte d’Ivoire dans les meilleurs délais et dans des conditions sécurisées.
Chers militants et compagnons,
Je termine, en vous renouvelant mes remerciements pour votre présence.
Soyez assurés de ma Foi profonde et inébranlable en la Côte d’Ivoire et en son avenir.
Vive un PDCI-RDA Fort et Debout pour une Côte d’Ivoire réconciliée, Unie et Prospère.
Je déclare ouvertes les Cérémonies Commémoratives du Soixante-quinzième (75ème) anniversaire du PDCI-RDA.
Joyeux Anniversaire et Longue Vie au PDCI-RDA
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